2 mai 2014

[Chronique] Conquise - Ally Condie

Lecture en français
Paru le : 5 avril 2013
Lecteur: Jeunesse
Genre : Dystopie
Saga?: Oui
Nombre de pages: 528
Éditeur: Gallimard Jeunesse
L'auteur :

Résumé :
La Vie, l'Amour, seront-ils possibles si la société disparaît ? Le soulèvement tente de sauver une liberté à laquelle plus personne ne croyait. Pour Cassia, Xander et Ky, c'est enfin le moment de choisir.

Mon avis :

    Conquise clôt la trilogie qui a commencé par Promise puis Insoumise. Après un premier tome désastreux, je trouve que l’auteur a su relever le niveau et finir sa saga en beauté. Conquise est de loin pour moi le meilleur tome de la saga.

   Comme pour les chroniques des deux premiers tomes, je vais commencer par la couverture. Encore une fois, je la trouve très belle, pleine de significations par rapport au contenu du livre (la bulle cassée et le rouge : pilule rouge, signe de liberté ?) et… retouchée. Dommage que ce dernier détail soit flagrant. Ça me gêne un peu, mais je chipote là. Autrement, je dirais que niveau couvertures la saga est une très belle réussite. 

    Venons-en au contenu. Contrairement à d’autres lecteurs, j’ai trouvé la conclusion ainsi que le déroulement des plus satisfaisants. La rébellion est enfin là. La population souffre, tout comme les personnages principaux. Tout se déroule lentement mais… sûrement. Comme d’habitude, l’auteure se concentre sur les sentiments de ses personnages et moins sur l’action. Pour une fois, je ne le regrette pas. Lire les pensées de Ky, Cassia et Xander, prêts à tout pour se retrouver, se sauver et s’avouer leurs sentiments malgré le monde qui « s’écroule » autour d’eux était finalement une bonne idée. Et ça ne met pas du tout en arrière plan ce qui se passe dans leur Société. Le lecteur a toutes les explications au fur et à mesure.

    Vous l’aurez compris, on retrouve des ingrédients des deux tomes précédents : la lenteur du premier qui ne m’avait pas plu et des « révélations sur révélations » comme dans le deuxième tome qui m’avaient plus. Le tout est cependant très efficace, et ce même en présence des fameux poèmes qui rythment la lecture et dont je ne suis pas super fan (bien que je trouve que l’art a son importance, et dans le livre, et dans la vraie vie).

    Côté personnages, j’ai aimé les nouveaux et encore plus appréciés les anciens. Et j’ai par dessus tout aimé que Xander ait un rôle plus influant. Toujours la troisième roue du carrosse, il a enfin pu montrer qui il était vraiment (il a même eu droit à ses propres chapitres !). Il est de loin mon personnage préféré dans cette saga. Il est intelligent et très généreux, sait ce qu’il veut et va jusqu’au bout pour l’obtenir. Certes, sur ce dernier point, il en est de même pour Ky et Cassia, mais en ce qui les concerne, j’ai largement préféré la description de la douleur par rapport à la distance qui les sépare, pas leurs personnages respectifs. Quoique j’ai aimé l’attachement de Cassia à l’art. J’ai tout à fait accroché à la manière dont l’auteur décrit le manque, le sentiment amoureux, le désir etc. c’est très beau.

    Ce qui est moins beau, c’est l’horreur auquel nos personnages sont confrontés. Ils vont devoir se battre quitte à voir des personnes proches en souffrir voire même mourir. Un bon agencement digne des dystopies. Une grande remise en question de la Société. Des questions sans réponses. Personne ne sera épargné, ni eux ni vous…

    Une fin qui me convient. Une rébellion lente mais efficace. Je suis contente d’être allée jusqu’au bout de cette saga car le dernier tome est selon moi nettement meilleur.

Quelques citations:

«  […] c’est ainsi que fonctionne l’écriture. C’est une collaboration entre celui qui donne les mots et ceux qui les reçoivent, qui leur trouvent du sens […]. » page 123

« L’espace d’un instant, j’ai bien envie de rester là, cachée dans ce dédale d’étagères. Je pourrais remonter, rassembler des provisions et du papier. C’est suffisant pour survivre, non ? Je pourrais écrire des histoires, vivre dans mon petit monde au lieu d’essayer de changer celui-ci ou de le supporter. Je pourrais inventer des personnages de papier. Je les aimerais. Ils seraient presque réels.
Dans une histoire, on peut recommencer du début, et ressusciter tout le monde.
Mais dans la vraie vie ça ne marche pas comme ça. Et je préfère les vrais gens. » page 229

«  On ne peut pas changer le cours des choses si on refuse de bouger. » page 230

«  Je me rends compte maintenant du courage qu’il faut pour assumer de vivre la vie qu’on veut, quelle qu’elle soit. » page 472


La saga :