10 août 2014

[Chronique] La jeune fille à la plume - Katherine Sturtevant

Lecture en français
Paru le : 5 novembre 2009
Lecteur : Jeunesse
Genre : Historique
Saga? : Oui (premier tome jamais traduit en français)
Nombre de pages : 320
Éditeur : Bayard Jeunesse
L'auteur :

Résumé :
Londres, 1680. Meg, 16 ans, est passionnée par les livres et adore écrire. Elle a la chance de vivre "au centre du monde", à Londres, qui plus est dans la librairie de son père, aussi éditeur, où défilent les intellectuels de l'époque. Cependant son père refuse de la laisser retravailler les manuscrits. Selon lui, une femme ne saurait prendre la plume, elle doit avant tout se marier. Un jour, Meg reçoit la visite d'Edward, le frère de son amie Anne. Il vient lui déclarer sa flamme avant de partir pour l'Italie. Et alors qu'il propose de lui rapporter un souvenir, Meg se moque de lui, en rétorquant que le plus beau cadeau serait qu'il soit capturé par des pirates et qu'elle puisse écrire le récit de ses aventures. Et c'est ce qui arrive ! Meg, terrifiée par le pouvoir des mots, se sent atrocement coupable. Elle met sa plume à contribution et lance une campagne pour essayer de rassembler l'argent de la rançon...

Mon avis :

Je l’avoue, j’ai d’abord été attirée par le titre et la couverture. La quatrième de couverture me tentait aussi pas mal. Emballée, hop je le prends des rayons de la bibliothèque. 

La jeune fille à la plume est une lecture jeunesse, accessible à tous. C’est un livre qui se lit rapidement et nous en apprend plus sur la piraterie à partir du 17e siècle, notamment les relations avec les « États barbaresques » et la souffrance que l’esclavage apportait aux familles, aux « esclaves », mais aussi la découverte des beaux paysages et la vision du monde de l’époque. C’est très instructif. J’étais ravie d’en apprendre plus sur cette période de l’Histoire, plus particulièrement grâce au commentaire de l’auteure à la fin du livre. Autre élément central qui nous est détaillé : la condition féminine. J’ai trouvé intéressant de nous montrer le mode de vie et la condition de la femme durant ce siècle-là. Travail, famille, amour… elles n’avaient aucune liberté. À ce sujet, l’auteure a d’ailleurs été un peu trop gentille avec son personnage principal…

Concernant les protagonistes, je les ai bien appréciés au début. Au fur et à mesure que j’avançais dans les chapitres, je me suis rendue compte qu’on n’en savait pas plus sur eux. Ils manquaient de profondeur et j’avais du mal à m’attacher, encore plus avec ceux qui ont un mauvais caractère ! 
Meg, la jeune fille à la plume, m’a vite semblée superficielle. Bien qu’au début je m’étais attachée à ses manières et à son humour, je ne l’ai pas trouvée plus forte que ça. Elle  a des idées, mais elle ne les défend pas plus que ça. Vous allez me dire qu’étant donné la condition féminine de l’époque c’était difficile, et je suis d’accord, mais j’aime les héroïnes fortes et têtues. Là, je l’ai trouvé indécise et souvent irritante. Quand est-ce que tu te bats pour ce qui te semble juste ??? D’un côté je trouve que l’auteure à bien fait car c’est ainsi que tout le monde vivaient avant, ils étaient bien plus religieux, un peu plus sérieux, avec leur touche de débauches, mais d’un autre côté ça m’a embêté qu’elle ne creuse pas plus loin.
Will, le garçon, je ne sais pas trop quoi en penser. Il semble être attentionné à certains moments et à d’autres, il ne faisait que m’agacer. Il agit plus par intérêt que par amour, même si on en doute des fois. Vous l’aurez compris, j’aime quand on met les choses au clair !

Enfin, j’aime bien le style. Je trouve très réaliste les histoires de pirates. Ce livre est aussi rempli de conseils en ce qui concerne l’écriture (même si tous les conseils ne sont pas forcément bons à prendre). On passe un bon moment, avec son aspect historique, d’apprentissage et sa très petite touche de romance. À lire si vous avez un moment !

19 juillet 2014

[Chronique] Un chien pour toujours - Eva Ibbotson

Lecture en français
Paru le : 2 novembre 2012
Lecteur : Jeunesse
Genre : Contemporain
Saga? : Non
Nombre de pages : 320
Éditeur : Gallimard Jeunesse
L'auteur :
[Décédée en 2010]

Résumé :
Hal rêve d'avoir un chien pour compagnon. Ses parents ont toujours refusé, alors quand son père l'emmène à l'agence «Chiens pour tous», le jeune garçon est fou de joie. Il choisit Flocon, un jeune bâtard tout blanc. Lorsqu'il comprend que c'est juste un chien de location, Hal, désespéré, n'a d'autre issue que de s'enfuir avec lui afin qu'ils soient ensemble pour toujours. Commence alors un long voyage plein de dangers et de rencontres aussi savoureuses qu'inoubliables en compagnie d'une petite fille et de cinq chiens sans maître.

Mon avis :


J’ai emprunté ce livre suite à une conversation sur les chiens avec mon chéri. En voyant ce toutou trop mignon sur la couverture, je n’ai pas pu résister ! Un chien pour toujours est une lecture rapide (trèèèès rapide vu que la police d’écriture est énooorme) et divertissante. Ce livre jeunesse cible principalement des enfants, mais il se lit parfaitement à n’importe quel âge et nous apprend des leçons. À lire à ses enfants ou pour soi, pour ne pas oublier ce qui est important dans la vie…

L’histoire est racontée du point de vue d’un jeune garçon, Hal. Chaque année pour son anniversaire il demande un chien, mais il ne reçoit que des gadgets à la place. Son père travaille souvent et sa mère ne supporte pas le désordre chez elle : dur pour Hal d’avoir un compagnon donc. Mais ce garçon plein de ressources va trouver un moyen d’être enfin heureux avec son chien. Tout en bouleversant la vie de plusieurs autres personnes. 

Je peux vous dire que ce livre ne vous laissera pas indifférent(e), il est vraiment épatant. On se rend compte de la cruauté des parents, des humains mêmes avec leur « location de chiens », de la manière dont l’argent change les personnes et pas toujours pour ce qu’il y a de meilleur… Car ce n’est pas toujours bien d’offrir des milliers de jouets dernier cri ou d’avoir une superbe maison pour rendre un enfant heureux. Parfois, l’amour d’un être est ce qu’il y a de plus précieux. Alors retenez-vous de vouloir donner des baffes aux parents d’Hal ou aux deux escrocs qui louent des chiens pour de l’argent pendant votre lecture ! Malgré tout, je trouve trop mignon de lire la relation entre Hal et son chien. Ces deux-là sont faits pour être ensembles. Comme quoi un simple animal peut changer une vie et apporter du bonheur. 

Un conseil cependant, munissez-vous d’un dictionnaire canin pendant la lecture ! Il y a tellement de nom de chiens que les illustrations situées à chaque début de chapitre et à la fin ne suffisent parfois pas pour savoir à quoi ressemble telle ou telle race (sauf peut-être le caniche).

Tout au long du livre, vous rirez, pleurerez, rouspéterez, bref, toutes sortes d’émotions vous traverseront. Partez à l’aventure avec Flocon et ses amis ainsi qu’avec les enfants. Vous ne serez pas au bout de vos surprises ! Un livre bien rythmé donc, avec une fin qui personnellement me plaît et dont j'attendais impatiemment.

2 mai 2014

[Chronique] Conquise - Ally Condie

Lecture en français
Paru le : 5 avril 2013
Lecteur: Jeunesse
Genre : Dystopie
Saga?: Oui
Nombre de pages: 528
Éditeur: Gallimard Jeunesse
L'auteur :

Résumé :
La Vie, l'Amour, seront-ils possibles si la société disparaît ? Le soulèvement tente de sauver une liberté à laquelle plus personne ne croyait. Pour Cassia, Xander et Ky, c'est enfin le moment de choisir.

Mon avis :

    Conquise clôt la trilogie qui a commencé par Promise puis Insoumise. Après un premier tome désastreux, je trouve que l’auteur a su relever le niveau et finir sa saga en beauté. Conquise est de loin pour moi le meilleur tome de la saga.

   Comme pour les chroniques des deux premiers tomes, je vais commencer par la couverture. Encore une fois, je la trouve très belle, pleine de significations par rapport au contenu du livre (la bulle cassée et le rouge : pilule rouge, signe de liberté ?) et… retouchée. Dommage que ce dernier détail soit flagrant. Ça me gêne un peu, mais je chipote là. Autrement, je dirais que niveau couvertures la saga est une très belle réussite. 

    Venons-en au contenu. Contrairement à d’autres lecteurs, j’ai trouvé la conclusion ainsi que le déroulement des plus satisfaisants. La rébellion est enfin là. La population souffre, tout comme les personnages principaux. Tout se déroule lentement mais… sûrement. Comme d’habitude, l’auteure se concentre sur les sentiments de ses personnages et moins sur l’action. Pour une fois, je ne le regrette pas. Lire les pensées de Ky, Cassia et Xander, prêts à tout pour se retrouver, se sauver et s’avouer leurs sentiments malgré le monde qui « s’écroule » autour d’eux était finalement une bonne idée. Et ça ne met pas du tout en arrière plan ce qui se passe dans leur Société. Le lecteur a toutes les explications au fur et à mesure.

    Vous l’aurez compris, on retrouve des ingrédients des deux tomes précédents : la lenteur du premier qui ne m’avait pas plu et des « révélations sur révélations » comme dans le deuxième tome qui m’avaient plus. Le tout est cependant très efficace, et ce même en présence des fameux poèmes qui rythment la lecture et dont je ne suis pas super fan (bien que je trouve que l’art a son importance, et dans le livre, et dans la vraie vie).

    Côté personnages, j’ai aimé les nouveaux et encore plus appréciés les anciens. Et j’ai par dessus tout aimé que Xander ait un rôle plus influant. Toujours la troisième roue du carrosse, il a enfin pu montrer qui il était vraiment (il a même eu droit à ses propres chapitres !). Il est de loin mon personnage préféré dans cette saga. Il est intelligent et très généreux, sait ce qu’il veut et va jusqu’au bout pour l’obtenir. Certes, sur ce dernier point, il en est de même pour Ky et Cassia, mais en ce qui les concerne, j’ai largement préféré la description de la douleur par rapport à la distance qui les sépare, pas leurs personnages respectifs. Quoique j’ai aimé l’attachement de Cassia à l’art. J’ai tout à fait accroché à la manière dont l’auteur décrit le manque, le sentiment amoureux, le désir etc. c’est très beau.

    Ce qui est moins beau, c’est l’horreur auquel nos personnages sont confrontés. Ils vont devoir se battre quitte à voir des personnes proches en souffrir voire même mourir. Un bon agencement digne des dystopies. Une grande remise en question de la Société. Des questions sans réponses. Personne ne sera épargné, ni eux ni vous…

    Une fin qui me convient. Une rébellion lente mais efficace. Je suis contente d’être allée jusqu’au bout de cette saga car le dernier tome est selon moi nettement meilleur.

Quelques citations:

«  […] c’est ainsi que fonctionne l’écriture. C’est une collaboration entre celui qui donne les mots et ceux qui les reçoivent, qui leur trouvent du sens […]. » page 123

« L’espace d’un instant, j’ai bien envie de rester là, cachée dans ce dédale d’étagères. Je pourrais remonter, rassembler des provisions et du papier. C’est suffisant pour survivre, non ? Je pourrais écrire des histoires, vivre dans mon petit monde au lieu d’essayer de changer celui-ci ou de le supporter. Je pourrais inventer des personnages de papier. Je les aimerais. Ils seraient presque réels.
Dans une histoire, on peut recommencer du début, et ressusciter tout le monde.
Mais dans la vraie vie ça ne marche pas comme ça. Et je préfère les vrais gens. » page 229

«  On ne peut pas changer le cours des choses si on refuse de bouger. » page 230

«  Je me rends compte maintenant du courage qu’il faut pour assumer de vivre la vie qu’on veut, quelle qu’elle soit. » page 472


La saga :